Pas de chasse aux œufs, mais chasse aux dégâts de gel pour les vignerons de Bourgogne

Pas de chasse aux œufs, mais chasse aux dégâts de gel pour les vignerons de Bourgogne

Pas de chasse aux œufs ce week‑end pour beaucoup de vignerons de Bourgogne. À la place, vous surveillez la vigne et vous craignez des dégâts de gel. Le scénario catastrophe semble pour l’instant évité, mais le véritable bilan ne pourra être posé qu’après le redoux de Pâques et la reprise de la végétation.

Que s’est‑il passé les 27 et 28 mars ?

Les 27 et 28 mars, la Côte d’Or a subi deux types de gel successifs : des gels advectifs et des gels radiatifs. Certaines zones ont même vu de la neige en altitude dès le 26 mars. Dans le vignoble de Nolay, 4 mm de pluie ont humidifié les bourgeons juste avant la première gelée.

Les températures sont cependant restées moins extrêmes que dans d’autres secteurs comme Chablis ou la Champagne. C’est ce qui explique en partie que la situation soit pour l’heure moins dramatique qu’en 2021.

Ce que les experts observent aujourd’hui

Les techniciens interrogés notent des dégâts localisés. Le chardonnay, qui a démarré plus tôt, montre un peu plus de symptômes que le pinot noir. Mais ils ne signalent pas de parcelles complètement gelées.

Selon les premiers relevés, on ne rencontre presque jamais plus de 50 % de bourgeons atteints sur les pieds touchés. Certains bourgeons prennent une teinte rouille, surtout dans les parcelles peu ventilées. D’autres semblent encore verts à l’intérieur quand on les coupe.

Pourquoi il faut attendre le redoux pour juger

La persistance du froid a ralenti la pousse. Le redoux annoncé pour Pâques change la donne : les températures moyennes pourraient monter autour de 15 °C avec des maximales proches de 23 °C. Dès que la végétation repart, les stades phénologiques vont accélérer.

C’est après cette reprise que vous verrez si les bourgeons « rouillés » repartent ou s’ils sont irrémédiablement secs. Les observations actuelles restent partielles. Le vrai bilan sera visible une semaine à dix jours après le retour de la chaleur.

Comment évaluer les dégâts sur vos parcelles

  • Faites un test de coupe : prélevez 10 à 20 bourgeons par parcelle et coupez‑les pour vérifier la couleur à l’intérieur. Un cœur vert indique un bourgeon vivant.
  • Contrôlez les parcelles les plus avancées en priorité, notamment en Côte de Beaune et en Côte de Nuits.
  • Observez la ventilation des parcelles. Les secteurs peu ventilés montrent plus souvent des couleurs rouille et des tissus secs.
  • Notez l’hétérogénéité : certains pieds peuvent être sains alors que d’autres à proximité sont touchés.

Risques à surveiller au‑delà du gel

Outre la perte directe de bourgeons, un autre phénomène inquiète les conseillers : le filage. La période entre le débourrement et l’étalement des premières feuilles est cruciale pour la construction du rendement. Les physiologistes estiment qu’environ 40 % du rendement se joue à ce stade.

La longue phase froide, tombée précisément pendant cette fenêtre, peut provoquer du filage. Cela se traduit par une réduction du nombre de grappes par pied et une possible baisse du rendement final.

Que pouvez‑vous faire maintenant ?

  • Patience : attendez la reprise végétative pour prendre des décisions définitives.
  • Évaluez précisément chaque parcelle avec des tests de coupe avant toute taille définitive.
  • Si des pousses vertes apparaissent, attendez pour nettoyer : une taille trop hâtive peut faire perdre des ressources à des rameaux encore capables de produire.
  • Consultez votre conseil technique local. Les mesures possibles varient selon le stade phénologique et l’intensité des dégâts.

Que prévoir pour la récolte et vos décisions culturales ?

Il est encore prématuré d’annoncer l’impact sur la récolte 2026. Pour l’instant, la bonne nouvelle est qu’on n’observe pas de bilan comparable à 2021. Mais une baisse de rendement reste possible si le filage se confirme ou si des parcelles avancées présentent des bourgeons morts.

Sur le plan pratique, anticipez des interventions ciblées et différenciées selon les parcelles. La gestion devra être fine : certaines zones garderont un potentiel normal, d’autres nécessiteront des ajustements dans la conduite de la vigne.

En résumé, vous avez évité le pire pour l’instant. Mais restez vigilant. Le véritable état des lieux s’établira après Pâques, quand la vigne aura repris sa croissance. D’ici là, observez, testez et préparez des réponses parcelle par parcelle.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et styliste de table, spécialisée en gastronomie du quotidien et art de recevoir à la française. Ancienne cheffe de partie dans un bistrot parisien étoilé et formée à l’École Ferrandi, j’ai ensuite collaboré avec plusieurs maisons d’édition culinaire. Passionnée par le potager urbain et les herbes aromatiques, je relie cuisine maison et conseils de jardinage pour valoriser les produits de saison. Mon travail met l’accent sur des recettes fiables, des astuces de maison simples et des idées concrètes pour mieux cuisiner chez soi. J’écris pour partager mon expérience et donner envie de créer des moments conviviaux durables.

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