Chiens guides : la base aérienne bordelaise engagée pour sensibiliser au handicap visuel

Chiens guides : la base aérienne bordelaise engagée pour sensibiliser au handicap visuel

Vous ne vous attendez pas forcément à croiser un labrador sur une base aérienne. Et pourtant, une visite discrète a déclenché de la curiosité, de la bienveillance et une vraie réflexion sur l’inclusion. Voici comment la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac transforme un simple passage en levier d’action pour le handicap visuel.

Une invitée peu ordinaire sur la BA 106

Pour une journée, la BA 106 a reçu Victoire, une femelle labrador retriever de 18 mois. Accompagnée du lieutenant‑colonel de réserve Denis, elle n’est pas venue pour participer à une opération militaire. Sa présence s’inscrit dans une expérimentation destinée à évaluer les conditions d’accueil des chiens guides sur les sites militaires.

Vous imaginez la scène : hangars, uniformes, et tout à coup un regard doux et une queue qui remue. Ce contraste capte l’attention. Et il rappelle que l’inclusion passe aussi par des gestes simples et concrets.

Pourquoi mener cette expérimentation ?

L’objectif est double. D’abord, sensibiliser les Aviateurs à la déficience visuelle et à la place des chiens guides dans la vie quotidienne des personnes concernées. Ensuite, tester comment intégrer ces animaux dans un environnement à contraintes particulières, comme une base aérienne.

À l’origine du projet, le lieutenant‑colonel Denis, ancien contrôleur aérien au sein de la BACEA et aujourd’hui réserviste à la BA 106. Il souhaite que les personnels appréhendent mieux les besoins des usagers et connaissent les dispositifs existants, notamment les rôles de famille d’accueil et de famille relais.

Le rôle essentiel des familles d’accueil et des familles relais

Les chiots destinés à devenir chiens guides sont confiés, dès l’âge de deux mois, à des familles d’accueil. Ils y restent jusqu’à leurs deux ans environ, avant d’entamer leur mission auprès d’une personne déficiente visuelle. Ce temps partagé est crucial pour leur socialisation.

La famille relais intervient de façon ponctuelle. Elle prend le relais quand la famille d’accueil est indisponible. Depuis 2017, le lieutenant‑colonel Denis assume ce rôle pour l’association Chien Guide Aliénor Sud‑Ouest. Grâce à ce maillage, l’association place une quarantaine de chiens en famille d’accueil aujourd’hui.

Victoire : pas de voix sur le terrain, mais une mission importante

Victoire présente une petite anomalie visuelle : une tache à l’œil qui l’empêche d’exercer comme chien guide. Cela n’altère pas son tempérament ni ses compétences. Au contraire, elle trouve une autre voie utile et porteuse de sens.

La chienne devient « chien pilote ». Elle demeure dans sa famille d’accueil et participe à l’apprentissage des futurs bénéficiaires. Lors de stages et de mises en situation, elle aide les personnes déficientes visuelles à se familiariser avec le travail en binôme. Son rôle devient éducatif et précieux.

De l’expérimentation au partenariat institutionnel

Après le déroulement de l’essai avec Victoire, la BA 106 a formalisé un partenariat au printemps 2026. Le colonel Yann Lefebvre, commandant de la base, a signé l’accord. Ce projet prolonge une dynamique engagée sous le commandement du colonel Nathalie Picot.

La démarche a été présentée à la responsable handicap du ministère des Armées et des Anciens combattants. Elle suscite déjà l’intérêt d’autres sites, comme la base aérienne de Tours. L’idée est de multiplier les actions qui favorisent l’inclusion au sein des forces.

Un engagement humain et concret

Le lieutenant‑colonel Denis veut amplifier la visibilité de l’association par des événements : journées portes ouvertes, la Journée de l’Aviateur, et autres manifestations ouvertes aux familles. Il le dit avec simplicité : le chien crée un lien. Le sourire apparaît immédiatement quand il arrive.

Vous comprenez l’enjeu : il ne s’agit pas seulement d’adapter des bâtiments ou des procédures. Il s’agit de faire évoluer les regards et de créer des espaces où la confiance se construit. Un animal devient ainsi un médiateur social, un vecteur d’apprentissage et un symbole d’inclusion.

Quelles perspectives pour l’avenir ?

Le projet ouvre plusieurs pistes. Étendre l’accueil permanent de chiens guides sur d’autres bases. Formaliser des partenariats locaux avec des associations. Sensibiliser plus largement le personnel militaire aux réalités des personnes en situation de handicap.

Pour vous, lecteur, c’est une invitation à regarder autrement un geste simple : caresser un chien peut être la première pierre d’un vrai changement social. Et si cette initiative inspirait d’autres structures, civiles ou militaires, le pas serait franchi.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et styliste de table, spécialisée en gastronomie du quotidien et art de recevoir à la française. Ancienne cheffe de partie dans un bistrot parisien étoilé et formée à l’École Ferrandi, j’ai ensuite collaboré avec plusieurs maisons d’édition culinaire. Passionnée par le potager urbain et les herbes aromatiques, je relie cuisine maison et conseils de jardinage pour valoriser les produits de saison. Mon travail met l’accent sur des recettes fiables, des astuces de maison simples et des idées concrètes pour mieux cuisiner chez soi. J’écris pour partager mon expérience et donner envie de créer des moments conviviaux durables.

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