Un petit groupe de riverains a décidé de transformer le bourg de Rosières en refuge pour les oiseaux. En quelques mois, des nichoirs ont fleuri sous les toits pour accueillir les hirondelles et les martinets. Le geste est simple. L’effet peut être profond.
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Un effort collectif et concret
Le projet a démarré en 2025. Une trentaine de nichoirs ont été fabriqués à partir de bois de récupération. Pour le confort des oiseaux, les boîtes intègrent aussi du ciment et des copeaux comme matériau de nidification. Les habitants volontaires ont accepté d’installer ces nichoirs sous les façades et les avant-toits de leurs maisons.
Une quinzaine d’autres nichoirs ont été réalisés en atelier avec Marine Schmitt, écologue naturaliste, et des écoliers. Les enfants ont ainsi participé à une action locale et pédagogique. C’est un bel exemple d’engagement intergénérationnel.
Pose juste avant la saison de nidification
Ces derniers jours, de nouveaux nichoirs sont venus s’ajouter, notamment au-dessus de l’entrée d’un commerce du bourg, le Vival, et sur plusieurs maisons. L’installation arrive au bon moment : juste avant que les oiseaux ne commencent à chercher un site pour nicher.
Claude Verots, agriculteur et passionné d’ornithologie à Rosières, précise qu’une première visite de contrôle est prévue entre le 15 et le 30 juin pour voir si les nichoirs sont occupés. Une observation encourageante a déjà eu lieu : une nichée d’hirondelles de rocher a été repérée dans le secteur.
Le martinet, oiseau étonnant à protéger
Les organisateurs n’ont pas oublié les martinets. Ces oiseaux surprenants ont des pattes peu développées et passent l’essentiel de leur vie en vol. Ils dorment parfois en planeant et ne se posent que pour se reproduire. C’est pourquoi ils ont des besoins très spécifiques en terme de sites de nidification.
Le martinet à ventre blanc, qui trouve des conditions favorables dans les zones urbaines comme celles du Puy, peut bénéficier de nichoirs adaptés. À Rosières, des abris conçus pour eux ont été installés, pensés pour rester accessibles et sûrs au moment opportun.
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Patience : une action pour l’avenir
La Ligue pour la Protection des Oiseaux rappelle une réalité importante : un nichoir posé aujourd’hui peut ne pas être occupé immédiatement. Il faut parfois plusieurs années avant qu’un couple s’installe. En installant ces boîtes, les habitants sèment donc des « graines » pour la biodiversité future.
Cette perspective patientielle ne décourage pas les bénévoles. Au contraire, elle renforce l’idée d’un investissement à long terme pour préserver la faune locale.
Que pouvez-vous faire si vous souhaitez aider ?
Si vous habitez Rosières ou une commune voisine et que vous voulez soutenir l’initiative, vous pouvez :
- proposer l’installation d’un nichoir sur votre façade ou sous un avant-toit ;
- préférer des matériaux naturels et durables, comme le bois de récupération utilisé à Rosières ;
- installer le nichoir avant le début de la saison de nidification et éviter les perturbations pendant cette période ;
- associer des écoles ou des associations locales pour sensibiliser les jeunes à la protection des oiseaux ;
- contacter la LPO ou les naturalistes locaux pour obtenir des conseils techniques et pour signaler les observations.
En plus des nichoirs, favoriser un environnement riche en insectes utiles, limiter les traitements chimiques et préserver des zones fleuries aide fortement les hirondelles et les martinets.
Une démarche qui fait sens
À Rosières, l’opération révèle autre chose : la biodiversité se construit au quotidien. Ce ne sont pas des gestes isolés mais une somme d’initiatives locales qui changent le paysage. Les nichoirs sont modestes, mais ils offrent une chance supplémentaire à des espèces menacées.
Si vous observez un nichoir occupé ou si vous souhaitez rejoindre l’effort, renseignez-vous auprès des organisateurs locaux. Chaque action compte et, parfois, l’attente devient la plus belle des récompenses.


