Landes : à 28 ans, l’ingénieur en cybersécurité se met à produire des asperges

Landes : à 28 ans, l’ingénieur en cybersécurité se met à produire des asperges

À 28 ans, Matthieu Vandame change de cap. Ingénieur en cybersécurité de formation, il abandonne les écrans pour la terre. Le jeune agriculteur mise désormais sur la culture des asperges dans les Landes, un pari à la fois personnel et économique.

Un parcours qui surprend

Vous vous attendez peut‑être à une reconversion progressive. Ici, le virage est net. Après cinq ans comme consultant informatique, Matthieu choisit le travail manuel. Il veut sentir la terre sous ses mains et produire quelque chose de concret.

La ferme n’est pas nouvelle dans la famille. Elle a d’abord été gérée par son grand‑père, Maurice Vandame. Aujourd’hui, elle couvre un peu plus de 400 hectares. On y cultivait déjà du maïs doux, du maïs semence, des haricots verts et des carottes. La transition vers l’asperge s’inscrit donc dans une histoire familiale.

Pourquoi se lancer dans les asperges ?

Le choix n’est pas anodin. Le père de Matthieu a déjà planté des parcelles d’asperges entre 2009 et 2022. L’idée n’est pas seulement sentimentale. La culture des asperges est pérenne. Une aspergeraie peut produire pendant huit à douze ans. C’est une culture qui rapportera sur la durée.

Autre avantage : elle diversifie les revenus. Matthieu veut réduire la dépendance aux cours du maïs. C’est une stratégie claire pour sécuriser l’exploitation. Il démarre avec cinq hectares ce printemps. L’objectif est d’atteindre vingt hectares d’ici 2029.

Comment se déroule la production ?

La plantation utilise des griffes importées des Pays‑Bas. Ces pièces végétales peuvent produire jusqu’à dix ans. Mais attention : on ne récolte pas tout de suite. Les premières asperges ne sortent qu’un an après la plantation.

La récolte demande du soin. Il faut de la main‑d’œuvre qualifiée et délicate. Les tiges se coupent soigneusement à 25 cm. Immédiatement après la coupe, il est essentiel de mettre les asperges au frais. Matthieu insiste sur ce point : la mise au froid doit avoir lieu dans les quatre heures suivant le ramassage.

Le soutien de la coopérative Maïsadour

Pour lancer la culture, Matthieu s’appuie sur Maïsadour. La coopérative regroupe une vingtaine de producteurs d’asperges et pilote un peu plus de 300 hectares. Elle a apporté des conseils techniques et financiers.

Concrètement, Maïsadour a réalisé des analyses de sols. Elle a aidé au choix des variétés adaptées au terroir. Les deux variétés retenues sont Vitalim et Grolim. La coopérative prend en charge 50 % du prix des griffes. Elle finance aussi une partie des arceaux installés sous le paillage thermique en plastique.

Autre simplification : la coopérative centralise le tri. Les producteurs n’ont qu’à récolter, couper à 25 cm et plonger dans l’eau froide. Cela réduit le travail post‑récolte et facilite la commercialisation sous l’IGP.

Matériel, coûts et premiers pas

La ferme dispose déjà d’un parc de machines. Matthieu utilise une douzaine d’engins familiaux. Il y a une buteuse pour façonner les billons. Reste à acheter un atomiseur pour assurer les traitements phytosanitaires. Ces dépenses sont calculées dans un projet global.

La coopérative aide à amortir l’investissement. Mais la culture réclame tout de même du temps et des ressources humaines. Le calendrier est clair : planter, attendre un an, puis lancer la première récolte.

Perspectives et défis

Sur le papier, l’asperge des sables des Landes, protégée par une IGP, offre une belle fenêtre commerciale. Vous pensez à une production rentable et durable. Toutefois, la réussite dépendra du climat, de la qualité des griffes et de la maîtrise des post‑récoltes.

Matthieu joue sur plusieurs leviers : l’expérience familiale, l’appui de Maïsadour et une stratégie de diversification. S’il atteint vingt hectares en 2029, l’exploitation gagnera en stabilité financière. Mais il faudra tenir sur la durée et gérer la main‑d’œuvre chaque printemps.

En bref, ce jeune ingénieur qui troque la cybersécurité contre les buttes d’asperges illustre une tendance qui surprend et séduit. C’est un pari de long terme. Vous suivrez peut‑être bientôt les premières bottes d’asperges labellisées sortant de cette terre landaise.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et styliste de table, spécialisée en gastronomie du quotidien et art de recevoir à la française. Ancienne cheffe de partie dans un bistrot parisien étoilé et formée à l’École Ferrandi, j’ai ensuite collaboré avec plusieurs maisons d’édition culinaire. Passionnée par le potager urbain et les herbes aromatiques, je relie cuisine maison et conseils de jardinage pour valoriser les produits de saison. Mon travail met l’accent sur des recettes fiables, des astuces de maison simples et des idées concrètes pour mieux cuisiner chez soi. J’écris pour partager mon expérience et donner envie de créer des moments conviviaux durables.

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