Épandre l’excès de pommes de terre

Épandre l’excès de pommes de terre

Urgence sur les parcelles : la récolte 2025 génère un excès de pommes de terre et il faut agir vite. Vous avez déjà exploré les pistes classiques — dons alimentaires, alimentation animale, méthanisation — mais il reste des volumes. L’épandage en l’état ou le compostage sont des options possibles. Voici ce qu’il faut savoir, et surtout respecter, pour limiter les risques.

Pourquoi envisager l’épandage ou le compostage ?

Face à un volume excédentaire, l’épandage de pommes de terre permet d’évacuer rapidement des tonnes de matières organiques. Le compostage transforme ces volumes en amendement stable, mais il reste plus coûteux et long à mettre en place.

Le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) rappelle que ces solutions sont des mesures complémentaires aux dons, à l’alimentation animale et à la méthanisation. Elles doivent rester maîtrisées pour éviter des conséquences agronomiques et sanitaires.

Règles réglementaires à respecter

Avant toute décision, consultez impérativement votre PAN régional (programme d’actions national lié à la directive nitrates). Les règles nationales et régionales encadrent :

  • le plafonnement des apports azotés ;
  • les périodes d’épandage autorisées ;
  • les conditions de sols (non gelés, non détrempés) ;
  • les distances aux milieux sensibles (35 m des cours d’eau) ;
  • les contraintes liées aux pentes.

Le CNIPT précise dans son communiqué du 27 avril 2026 que l’épandage s’applique « sols non gelés, non détrempés, respect des distances (35 m des cours d’eau), contraintes en pente, et respect des périodes autorisées du PAN ». Référez-vous à votre PAN régional pour les dérogations éventuelles et les calendriers précis.

Limites d’apport et repères chiffrés

Sur la base des références Comifer (3,4 kg N/t brute), le tonnage épandu ne doit pas dépasser 20 t/ha si cet apport est le seul réalisé. Autrement dit, 20 tonnes de pommes de terre à l’ha correspondent à environ 68 kg d’azote brut calculé par la référence Comifer.

Ce plafond vise à prévenir les excès d’azote et la pollution des eaux. Respectez-le strictement et intégrez ces apports à votre bilan azoté global.

Risques agronomiques et sanitaires

L’apport de pommes de terre en l’état peut sembler simple. Pourtant il comporte des risques notables :

  • repousses et végétation indésirable sur les parcelles ;
  • gestion plus difficile des bioagresseurs (maladies, ravageurs) ;
  • risque de dissémination de parasites réglementés, en particulier les nématodes de quarantaine ;
  • développement potentiel de foyers de mildiou si l’opération est réalisée trop tôt.

Le CNIPT rappelle que l’épandage doit être « raisonné au regard des risques agronomiques et sanitaires ». Ne prenez pas de raccourcis : la gestion des bioagresseurs et la traçabilité sont essentielles.

Alternatives et bonnes pratiques

Avant d’épandre, privilégiez les solutions qui limitent les risques : dons, valorisation animale ou méthanisation sont toujours préférables si possible. Si l’épandage ou le compostage restent la seule option, suivez ces recommandations pratiques :

  • préparez un plan d’épandage en vous référant au PAN régional ;
  • respectez la distance de 35 m des cours d’eau et évitez les zones en pente forte ;
  • choisissez une période tardive : idéalement début juillet ou après, pour réduire le risque de mildiou actif ;
  • ne travaillez pas sur sols gelés ou détrempés ;
  • gardez un registre d’épandage indiquant dates, quantités et parcelles touchées ;
  • envisagez le compostage si vous pouvez absorber le coût et le temps ;
  • la « mise en tas » reste une solution de dernier recours et doit être réalisée tard en saison (fin juin–début juillet si possible).

Si l’enfouissement ou l’incorporation des pommes de terre dans le sol est techniquement réalisable et autorisé, cela réduit certains risques. Évaluez cependant l’impact agronomique et les contraintes matérielles avant d’agir.

Checklist pratique avant d’agir

  • Consultez votre PAN régional et vérifiez les périodes autorisées.
  • Calculez l’apport azoté : référence Comifer = 3,4 kg N/t brute.
  • Ne dépassez pas 20 t/ha si cet apport est exclusif.
  • Vérifiez l’état du sol : non gelé, non détrempé.
  • Cartographiez les cours d’eau et respectez 35 m.
  • Programmez l’opération pour fin juin–début juillet si possible.
  • Consignez les opérations et restez en contact avec votre interprofession locale ou le CNIPT.

La situation exige pragmatisme et rigueur. En respectant les règles du PAN nitrates et les recommandations du CNIPT, vous pouvez valoriser un excédent sans accroître les risques pour l’environnement ni pour vos parcelles. En cas de doute, contactez votre service agricole régional pour un avis personnalisé.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et styliste de table, spécialisée en gastronomie du quotidien et art de recevoir à la française. Ancienne cheffe de partie dans un bistrot parisien étoilé et formée à l’École Ferrandi, j’ai ensuite collaboré avec plusieurs maisons d’édition culinaire. Passionnée par le potager urbain et les herbes aromatiques, je relie cuisine maison et conseils de jardinage pour valoriser les produits de saison. Mon travail met l’accent sur des recettes fiables, des astuces de maison simples et des idées concrètes pour mieux cuisiner chez soi. J’écris pour partager mon expérience et donner envie de créer des moments conviviaux durables.

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