Cadmium : une sous-concentration dans les céréales et pommes de terre, les apports de P2O5 en baisse

Cadmium : une sous-concentration dans les céréales et pommes de terre, les apports de P2O5 en baisse

Le cadmium reste sous surveillance mais les chiffres récents montrent des tendances rassurantes dans les cultures françaises. Pourtant, certaines populations—surtout les jeunes enfants—sont encore concernées par un dépassement de la dose journalière tolérable. Que faut-il retenir ?

Le point sur l’exposition alimentaire

L’Anses indique que l’alimentation constitue la voie principale d’exposition au cadmium pour les non-fumeurs. Les chiffres surprennent. 36% des enfants de moins de 3 ans dépassent la dose journalière tolérable. Pour les 3–17 ans, la part grimpe à 23–27%, contre 14% en 2011. Chez les adultes, le dépassement concerne 1,4–1,7% de la population, contre 0,6% en 2011.

Cela signifie que, sans action, une part croissante de la population peut être exposée à des risques à long terme. L’Anses rappelle le lien entre cadmium et certains cancers professionnels, et suspecte d’autres effets sur la santé.

Les récoltes françaises : des teneurs faibles et stables

Des suivis annuels menés depuis plus de quinze ans par Arvalis, Intercéréales, le CNIPT et FranceAgriMer montrent que les récoltes respectent les limites réglementaires chaque année.

En blé tendre, la teneur moyenne pluriannuelle mesurée dans le grain est de 0,033 mg/kg de cadmium. C’est plus de trois fois inférieur à la limite fixée pour l’alimentation humaine. Ces valeurs restent stables depuis 2004.

Pour le blé dur, les teneurs respectent le seuil réglementaire de 0,18 mg/kg. Depuis 2010, les niveaux ont diminué d’environ 50%—un progrès attribué notamment au travail de sélection variétale.

Enfin, les pommes de terre destinées au marché du frais affichent une moyenne pluriannuelle de 0,026 mg/kg de cadmium. Là encore, les valeurs restent stables et largement inférieures aux limites réglementaires.

Des apports de P2O5 en forte baisse

France Fertilisants note que les livraisons d’engrais phosphatés ont chuté de 67% en 25 ans. Cette baisse réduit une source potentielle d’apport de cadmium aux sols.

Sur le blé tendre, Arvalis relève que la proportion de surfaces n’ayant reçu aucun apport phosphaté pendant l’année a augmenté de 33% depuis 1994. En 2021, ces parcelles représentent 62% des surfaces. Parallèlement, la dose appliquée sur les parcelles ayant reçu un apport a diminué de 35% sur la période.

Pour le blé dur, l’évolution est similaire mais moins nette : hausse de 20% des parcelles sans apport, part atteignant 45% en 2021, et baisse de dose de 38%. Sur pommes de terre, la part de parcelles sans apport passe de 28% en 2006 à 32% en 2021, la dose apportée diminuant de 5%.

Levier : sélection variétale et pratiques agronomiques

La sélection génétique apparaît comme un levier puissant. Pour le blé dur, la majorité des surfaces françaises utilise désormais des variétés porteuses de l’allèle cdu‑1, associé à une faible accumulation de cadmium dans le grain. Des recherches sont en cours pour transposer cette approche au blé tendre. Pour la pomme de terre, un état des lieux des aptitudes bioaccumulatrices des variétés reste à réaliser.

Arvalis recommande aussi plusieurs pratiques agronomiques complémentaires : maintenir un pH proche de la neutralité et chauler selon la méthode Comifer, privilégier le fractionnement des apports phosphatés pour limiter l’acidification, augmenter et préserver la matière organique qui peut séquestrer le cadmium, et assurer une nutrition équilibrée en oligo-éléments—en particulier en zinc—pour réduire l’absorption du cadmium.

Que pouvez-vous en penser, soi consommateur ou agriculteur ?

Si vous êtes consommateur, sachez que les céréales et les pommes de terre françaises présentent aujourd’hui des teneurs faibles en cadmium. Cela n’exclut pas la nécessité de rester vigilant, surtout pour les bébés et les jeunes enfants.

Si vous êtes agriculteur, plusieurs leviers pratiques existent et donnent des résultats : réduction des apports phosphatés, choix de variétés à faible accumulation, gestion du pH et de la matière organique. Ces mesures servent à la fois la qualité sanitaire des récoltes et la durabilité des sols.

En bref : la situation s’améliore sur les parcelles et dans les grains, mais l’exposition alimentaire reste un sujet de santé publique. Des actions ciblées peuvent encore réduire les risques—il est temps d’agir collectivement.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et styliste de table, spécialisée en gastronomie du quotidien et art de recevoir à la française. Ancienne cheffe de partie dans un bistrot parisien étoilé et formée à l’École Ferrandi, j’ai ensuite collaboré avec plusieurs maisons d’édition culinaire. Passionnée par le potager urbain et les herbes aromatiques, je relie cuisine maison et conseils de jardinage pour valoriser les produits de saison. Mon travail met l’accent sur des recettes fiables, des astuces de maison simples et des idées concrètes pour mieux cuisiner chez soi. J’écris pour partager mon expérience et donner envie de créer des moments conviviaux durables.

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