Chaque printemps, en Corse, une brioche ronde attire les regards et réveille les souvenirs. Le cacavellu — appelé parfois campanile au nord de l’île — incarne la douceur de Pâques et le retour des tables animées. Voici tout ce qu’il faut savoir pour comprendre, trouver et même préparer ce trésor gourmand.
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Une brioche née du Carême
Le cacavellu a pour origine une règle simple et ancienne. Pendant le Carême, les œufs n’étaient pas consommés. À la fin de cette période, on utilise enfin ces œufs pour confectionner une brioche riche et festive.
La présence d’un œuf dur, souvent placé au centre, n’est pas qu’un décor. Il symbolise la vie et l’espoir. Les enfants reçoivent parfois ces œufs comme un présent. Le geste reste chargé d’une forte valeur affective.
Sur les marchés : une tradition bien vivante
De nos jours, le cacavellu se retrouve encore sur les étals, notamment au marché d’Ajaccio. Les exemplaires les plus attendus partent vite.
Des figures locales, comme Antoinette, voient régulièrement leurs fournées s’envoler dès l’ouverture. Certains commerçants, à l’image d’Arnaud de l’épicerie BRAMA, le proposent en édition limitée pour préserver la tradition.
Le prix reste accessible : comptez généralement entre 7 et 9 euros pour une pièce. Un coût modeste pour une spécialité pleine d’histoire.
Le cacavellu à table : la Merendella
Le cacavellu accompagne souvent la Merendella, le pique-nique du lundi de Pâques. Ce repas en plein air rassemble familles et amis autour de produits locaux.
On partage la brioche comme on partage une histoire. La tradition reste vivante parce que chacun y met sa touche personnelle.
Recette traditionnelle du cacavellu
Ingrédients
- 500 g de farine de blé
- 70 g de sucre
- 10 g de sel
- 10 g de levure de boulanger fraîche (ou 7 g de levure sèche)
- 200 ml de lait tiède
- 80 g de beurre mou
- 2 œufs + 1 œuf pour la dorure
- 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger ou 1 cuillère à soupe d’anis selon la variante
- 1 œuf dur pour la décoration (par cacavellu) ou plusieurs si vous façonnez une couronne
- Optionnel : 50 g de raisins secs réhydratés ou 1 cuillère à soupe de graines d’anis
Préparation
- Dans un bol, émiettez la levure et délayez-la dans 100 ml de lait tiède. Laissez mousser 10 minutes.
- Mélangez la farine, le sucre et le sel dans un grand récipient. Creusez un puits et versez la levure, les 2 œufs et le reste de lait.
- Pétrissez 10 à 12 minutes jusqu’à obtenir une pâte homogène et souple. Incorporez le beurre en petits morceaux et pétrissez encore 5 minutes.
- Ajoutez la fleur d’oranger ou l’anis et les raisins si désiré. Formez une boule. Couvrez et laissez lever 1h30 à température ambiante, jusqu’à ce que la pâte double de volume.
- Dégazez doucement la pâte. Façonnez une couronne ou une boule creusée au centre. Posez l’œuf dur au milieu et, si vous le souhaitez, entourez de petites boules de pâte pour faire une décoration.
- Pincez la pâte pour sceller l’œuf. Badigeonnez avec l’œuf battu pour la dorure.
- Laissez lever encore 30 à 40 minutes. Préchauffez le four à 180 °C. Enfournez 25 à 30 minutes, jusqu’à une belle couleur dorée.
- Laissez refroidir sur une grille avant de déguster.
Variantes et astuces
Il existe autant de versions que de familles en Corse. Certains préfèrent l’anis, d’autres l’arôme d’orange. Au nord de l’île, on parle souvent de campanile et on le décore en forme de clocher ou de couronne.
Pour une mie plus moelleuse, utilisez un pétrissage long et un temps de repos supplémentaire au frais, 6 à 8 heures.
Conseils de dégustation et conservation
Dégustez le cacavellu avec du miel local, du fromage frais ou un café serré. Il accompagne merveilleusement bien la convivialité d’un pique-nique.
- À température ambiante, il se conserve 2 à 3 jours sous un torchon.
- Pour garder la fraîcheur, vous pouvez le trancher et congeler les parts. Décongelez à température ambiante.
Le cacavellu n’est pas qu’une brioche. C’est une mémoire collective, un geste de partage. En le préparant vous-mêmes, vous prolongez une tradition corse et vous créez un souvenir à offrir.


