Dans le Perche, un jeune entrepreneur transforme la farine familiale en un produit qui sent la terre et le temps. Vous allez découvrir comment, avec l’aide de son frère et du matériel d’un artisan local, il fait renaître des pâtes artisanales ancrées dans le terroir.
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Une reconversion ancrée dans le Perche
Louis‑Marie Carbonell revient aux sources après des études agricoles et une longue expérience dans une coopérative. Il a envisagé de reprendre une ferme, sans que le projet ne se concrétise. Plutôt que d’abandonner l’idée d’une vie liée à la terre, il choisit une voie différente : valoriser la farine produite par son frère.
En 2024, une rencontre lui ouvre une porte. Pierre Jeanjean, créateur d’une marque de pâtes artisanales, cesse son activité. Louis‑Marie saisit l’opportunité et rachète l’équipement mis aux enchères. C’est le début d’un atelier à Lignerolles, sous le nom choisi : Les Saveurs du Perche.
Du matériel d’atelier aux moules en bronze
Il acquiert une presse capable d’extruder plusieurs centaines de kilos par heure, ainsi que deux séchoirs industriels. Ce matériel permet de passer d’expérimentations à une production régulière tout en restant à taille humaine.
Un détail frappe : les filières sont en bronze, lourdes et anciennes. Ces moules — chacun pesant une douzaine de kilos — donnent aux pâtes une surface rugueuse. Cette rugosité permet aux sauces d’adhérer mieux qu’aux pâtes lisses d’usine.
La farine, cœur du projet
Les blés choisis
La farine provient de la ferme familiale de Beaulieu, où elle est moulue sur meules en pierre. Louis‑Marie travaille avec du blé tendre, du blé dur et du petit épeautre. Ces matières premières locales offrent des profils de goût différents et une meilleure traçabilité.
Des recettes et des textures
La production vise une gamme d’environ dix références. Quatre parfums ont déjà été pensés : tomate‑basilic, ail‑persil, curry et gingembre. L’option épautre ou blé dur permet de varier la tenue à la cuisson et la texture.
Pourquoi ces choix changent la pâte
Deux éléments techniques expliquent la différence avec les pâtes industrielles. D’abord, l’extrusion au bronze crée une surface rugueuse qui accroche la sauce. Ensuite, un séchage lent à basse température conserve davantage d’arômes et évite une pâte cassante.
Au-delà du goût, c’est la proximité qui compte. Utiliser une farine locale signifie réduire les intermédiaires, contrôler la qualité et soutenir l’agriculture du Perche. La démarche est autant gastronomique que territoriale.
De l’atelier à l’assiette : conseils pratiques
Pour profiter pleinement de ces pâtes artisanales, vous pouvez adapter la cuisson. Les pâtes extrudées au bronze et séchées lentement demandent souvent un temps de cuisson un peu plus long que les pâtes industrielles. Goûtez dès la fin du temps indiqué pour obtenir la texture désirée.
Accordez les sauces aux ingrédients : une sauce simple à l’ail et au persil mettra en valeur l’épeautre. Les parfums comme tomate‑basilic ou curry se marient bien avec une huile d’olive de qualité et un parmesan fraîchement râpé.
Ce que cela représente pour le territoire
Ce projet est plus qu’une entreprise individuelle. Il tente de relier culture agricole et transformation locale. Vous, consommateur, bénéficiez d’un produit identifiable, tracé et en phase avec des valeurs de proximité.
Louis‑Marie espère développer doucement sa production, garder des lots limités et proposer bientôt ses pâtes dans les marchés locaux et les épiceries fines. C’est un petit geste qui remet de la valeur sur la farine et la patience du travail bien fait.


