Vous voulez augmenter durablement le nombre de porcelets sevrés par portée ? L’histoire de Gurvan Philippe, éleveur dans le Finistère, montre qu’un plan simple et suivi porte ses fruits. En trois ans, il passe d’environ 12,2 à 14,74 porcelets sevrés par portée. Voici ce qui a changé et comment vous pouvez vous en inspirer.
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Le déclic : reprendre les chiffres en main
Avant 2019, les performances de l’exploitation plafonnaient autour de 16 nés totaux et 12,20 sevrés par portée. Le suivi restait centré sur la gestion quotidienne via la GTTT. La GTE (gestion technico‑économique) n’était pas renseignée. Après un accident du travail qui l’oblige à stopper six mois, Gurvan se replonge dans les données. Il compare ses résultats avec ceux du groupement Evel’Up. C’est le point de bascule. Il constate des marges de progrès évidentes et décide d’agir.
Les leviers techniques qui rapportent
Plusieurs actions combinées expliquent la progression. Elles sont concrètes et reproductibles.
- Changer la génétique : passage à des truies Topigs en avril 2022. Une génétique plus productive permet d’augmenter le potentiel de naissance et de sevrage.
- Organiser en cinq bandes : gestion par bandes qui stabilise l’âge moyen des truies et réduit les pertes liées au renouvellement. Le rajeunissement du troupeau évite les choix forcés à la réforme.
- Gérer les cochettes par le poids : pesées individuelles à la sortie de quarantaine, à l’insémination et à l’entrée en maternité. Objectif : un parcours de croissance maîtrisé et homogène.
- Adapter l’alimentation : deux formules en quarantaine (été/hiver) et trois aliments en maternité (gestante, allaitante 1, allaitante 2). Cette différenciation sécurise le démarrage en lactation et le transit digestif des truies.
- Contrôler la chaîne d’alimentation : vérifications régulières de la fabrique d’aliment et de la machine à soupe. La qualité de distribution compte autant que la composition des rations.
- Revoir le protocole vaccinal : planificaton et coordination avec le vétérinaire et le technicien porcin. Chez Gurvan, le lundi matin est réservé à ce suivi.
- Améliorer le confort en maternité : souvent, une mauvaise ambiance n’est pas due au bâtiment mais à la ventilation. Un réglage précis et un brassage des fosses renforcé ont réduit les problèmes sanitaires.
- Autonomie alimentaire et cohérence : installation d’un silo tour et d’un outil d’alimentation intégré. L’exploitation vise la cohérence entre cultures et élevage pour sécuriser l’approvisionnement.
Comment mettre en place ces changements chez vous
Vous n’avez pas besoin de tout transformer d’un coup. Voici un plan d’action en étapes, simple et pratique.
- Reprenez la GTE. Enregistrez stocks, quantités d’aliment et prix. Sans données, difficile de piloter.
- Comparez vos chiffres locaux avec ceux du groupement ou de voisins. L’écart révèle des priorités.
- Évaluez la génétique et la conduite de bande. Un plan de renouvellement progressif limite les risques.
- Installez des pesées pour les cochettes à trois étapes : sortie quarantaine, insémination, entrée maternité. Fixez des cibles par étape et ajustez la ration.
- Distinguez les rations selon la saison en quarantaine. En maternité, séparez les phases gestante/allaitante pour mieux maîtriser les apports.
- Programmez des contrôles réguliers des machines d’alimentation et du stockage. Un incident technique se voit rarement dans les tableaux mais il coûte cher.
- Consacrez un créneau hebdomadaire au protocole sanitaire et vaccinal. Coordination vétérinaire et technicien = gains rapides.
- Examinez la ventilation et le brassage des fosses. Parfois, un réglage suffit à améliorer le taux de naissance et la santé des porcelets.
- Suivez des indicateurs simples : nés totaux, sevrés par portée, pertes sur nés vifs. Mesurez chaque mois pour constater la tendance.
Les résultats obtenus et l’enseignem ent
Sur l’exploitation de Gurvan, les effets sont clairs. En 2024, la moyenne atteint 13,96 sevrés par portée. En 2025, elle grimpe à 17,59 nés totaux et 14,74 sevrés. Le taux de pertes sur nés vifs diminue de 3,7 %. Ces gains ne tiennent pas d’un miracle. Ils résultent d’un suivi rigoureux, de petites décisions techniques et d’une logique d’ensemble.
Si vous cherchez à gagner ~2,5 porcelets sevrés par portée en trois ans, commencez par les chiffres, priorisez quelques actions techniques (génétique, alimentation, confort) et suivez les indicateurs. C’est un cercle vertueux : quand le naissage s’améliore et que le sanitaire est maîtrisé, tous les stades progressent.


