Des malformations des fleurs et des siliques signalées sur le colza

Des malformations des fleurs et des siliques signalées sur le colza

Cette campagne, des colzas présentent des fleurs et des siliques franchement anormales. Si vous constatez des pétales qui virent au vert ou des gousses plates sans graines, il s’agit très probablement de phyllodie, une maladie liée à un phytoplasme et signalée dans plusieurs régions.

Qu’est‑ce que la phyllodie ?

La phyllodie est une affection des organes floraux. Elle est provoquée par un phytoplasme, une « bactérie » sans paroi ni forme fixe. Ce micro‑organisme altère le développement des fleurs et des siliques, qui prennent parfois l’aspect de feuilles.

Ce phytoplasme infecte de nombreuses plantes, cultivées ou sauvages. Ces hôtes forment un réservoir important qui facilite la persistance du germe dans le paysage agricole.

Comment la maladie se transmet‑elle ?

La transmission se fait principalement par des insectes piqueurs‑suceurs, notamment des cicadelles. Ces insectes s’infectent en se nourrissant d’une plante malade, puis transmettent le phytoplasme en passant d’un plant à l’autre.

Une transmission par les semences est aussi fortement suspectée. Cela renforce l’intérêt d’utiliser des semences certifiées et de limiter les plantes sauvages ou volontaires qui servent de réservoir.

Quels symptômes devez‑vous surveiller ?

  • Visibles à la floraison : les signes apparaissent surtout au stade floral.
  • Plantes un peu plus hautes que la normale et forte prolifération de branches.
  • Malformations des fleurs : les parties florales deviennent foliacées, on parle de phyllodie.
  • Pétales qui deviennent verts et prennent l’aspect de feuilles.
  • Siliques parfois aplaties et stériles ; d’autres siliques semblent « normales » mais contiennent des graines malformées.
  • Couleur verte persistante des plantes alors que les plants sains brunissent à maturité.

Quel impact sur le rendement ?

Heureusement, l’impact semble limité. Dans les parcelles touchées, la proportion de plants infectés reste en général faible, le plus souvent inférieure à 10 %.

D’après une étude canadienne, la perte de rendement se situe autour de 0,3 à 0,7 % par pourcentage de plantes touchées. Concrètement, si 5 % des plantes sont affectées, la perte estimée varie approximativement entre 1,5 et 3,5 % du rendement total.

Pour l’instant, les instituts techniques comme Terres Inovia ne préconisent pas de lutte spécifique systématique.

Que faire si vous observez la phyllodie ?

  • Signalez les observations à votre conseiller technique ou au service phytosanitaire local. Un diagnostic précis évite les confusions avec d’autres problèmes.
  • Prélèvements : envoyez quelques plants symptomatiques à un laboratoire pour confirmation si nécessaire.
  • Surveillez la présence de cicadelles et notez l’incidence dans la parcelle. La réduction des vecteurs peut limiter la diffusion.
  • Évitez la panique et les traitements insecticides systématiques. Dans la plupart des cas, l’impact économique reste faible et des traitements généralisés ne sont pas justifiés.
  • Réduisez les réservoirs potentiels : maîtrisez les adventices, les plantes volontaires et les hôtes sauvages autour des parcelles.
  • Privilégiez des semences certifiées pour limiter le risque de transmission par graine.
  • Consultez régulièrement vos sources techniques (Terres Inovia, Chambres d’agriculture) pour des recommandations locales actualisées.

En résumé, la phyllodie se montre cette année sur certains colzas mais reste généralement peu fréquente et peu dommageable. Restez attentif pendant la floraison, notez l’étendue du phénomène et demandez un diagnostic si nécessaire. Une observation précoce vous permet d’éviter des décisions hâtives et coûteuses.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et styliste de table, spécialisée en gastronomie du quotidien et art de recevoir à la française. Ancienne cheffe de partie dans un bistrot parisien étoilé et formée à l’École Ferrandi, j’ai ensuite collaboré avec plusieurs maisons d’édition culinaire. Passionnée par le potager urbain et les herbes aromatiques, je relie cuisine maison et conseils de jardinage pour valoriser les produits de saison. Mon travail met l’accent sur des recettes fiables, des astuces de maison simples et des idées concrètes pour mieux cuisiner chez soi. J’écris pour partager mon expérience et donner envie de créer des moments conviviaux durables.

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