Vous aimez les récits qui sentent la terre et la pierre ? Avec Jean‑Marc Rochette, la montagne devient un personnage vivant. Son nouveau livre fait entendre les saisons, les fantômes et même le fracas des intempéries. Et il pose une idée simple et surprenante : le jardinage devrait s’apprendre à l’école.
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Un auteur de bande dessinée qui cultive la montagne
Jean‑Marc Rochette est d’abord connu pour ses dessins. Son œuvre la plus célèbre, Le Transperceneige, a même servi de base au film de Bong Joon Ho. Aujourd’hui, il vit dans le massif des Écrins, au-dessus de Grenoble. Là, il cultive un jardin et observe la vallée depuis un hameau isolé.
Ce choix de vie influence son écriture. Il ne s’est pas retiré du monde. Il se sent plutôt au centre d’une histoire qui continue. Et il invite chacun à marcher son propre chemin.
Le festin de pierres : un livre intime et épique
Le Festin de pierres, publié chez les éditions des Étages, rassemble sept récits. Ils se lisent comme des plats qui se répondent. Il y a la douceur des saisons. Et il y a des épisodes plus violents, presque mythiques.
Dans ces pages, Rochette déroule des souvenirs familiaux. Sa famille de paysans de montagne devient un miroir de l’histoire française. Parents et grands‑parents racontent la vie rurale et les guerres du XXe siècle. Le livre mêle le proche et le lointain. Il passe du foyer familial aux siècles passés.
Quand l’histoire rencontre le présent
Le récit traverse le temps. À un moment, il fait revivre une inondation du début du XIIIe siècle qui engloutit Grenoble. Cet épisode historique apporte une amplitude surprenante au livre. Puis on revient à aujourd’hui, avec un souvenir plus récent : les graves intempéries de 2024 qui ont ravagé La Bérarde, un village voisin. Ce contraste donne de la force au récit.
Vous sentez la contradiction ? D’un côté la tranquillité immuable des hauts, de l’autre la violence des éléments qui surgit sans prévenir. Rochette capte ces deux pôles avec précision.
Le jardinage comme école de la vie
Dans son texte, l’auteur fait une proposition concrète : enseigner le jardinage à l’école. Ce n’est pas une simple nostalgie. Il parle du rythme des plantations, des saisons et d’une attention au vivant. Pour lui, jardiner apprend la patience, le respect du cycle, le lien avec la nourriture et la terre.
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Vous pouvez trouver l’idée provocante. Pourtant elle s’inscrit dans un mouvement plus large : redonner aux enfants des gestes concrets. Le jardin à l’école serait à la fois utile et formateur. Il émancipe, et il calme.
Une vallée habitée par les gens et les fantômes
La vallée des Écrins n’est pas seulement un paysage. C’est un théâtre d’histoires. Rochette y croise des alpinistes, des paysans, des voisins. Il évoque aussi des fantômes, dont celui d’un père mort quand il était très jeune. Ces présences donnent au récit une texture intime.
La célèbre La Bérarde, ancienne « Mecque de l’alpinisme », illustre ce mélange. On y retrouve l’histoire du lieu, les visiteurs venus du monde entier et les drames dus aux intempéries. C’est un microcosme où se concentre toute une mémoire collective.
Pourquoi ce livre peut vous toucher
Ce qui frappe, c’est la sincérité. Rochette parle avec une langue simple. Il décrit l’air froid, la pierre chauffée au soleil, la terre retournée. Il mêle souvenirs familiaux et grandes catastrophes. Le contraste surprend et retient l’attention.
Si vous cherchez un livre qui relie le personnel au collectif, qui mêle calme et épopée, ce récit est pour vous. Il offre des images fortes et des idées concrètes, comme cette proposition d’enseigner le jardinage.
Pour finir
Le Festin de pierres se lit comme une randonnée où l’on prend le temps. Vous y trouverez des récits courts mais denses. Vous repartirez peut‑être avec l’envie de planter quelque chose, ou de repenser ce que l’on enseigne aux jeunes. Et, à la fin, vous verrez la montagne autrement : vivante, sensible et pleine d’histoires.


