Pâques : chez le chocolatier Bonnat, « 90 % de nos ventes sont des moulages inchangés depuis deux siècles »

Pâques : chez le chocolatier Bonnat, "90 % de nos ventes sont des moulages inchangés depuis deux siècles"

Le week-end de Pâques transforme la chocolaterie Bonnat en un lieu à la fois familier et un peu magique. L’odeur de chocolat emplit l’air. Vous entrez dans des ateliers où la tradition rejoint la technique moderne. Et vous découvrez que beaucoup de formes vendues aujourd’hui sont les mêmes depuis deux siècles.

Dans les coulisses de Saint-Étienne-de-Crossey

Les locaux de production sont installés à Saint-Étienne-de-Crossey depuis 2022. On y trouve quatre grandes salles blanches. Des tapis mécaniques roulent doucement. Les machines ronronnent et les équipes s’affairent.

À la tête des postes, des noms et des visages : Damien Laberge remplit les plaques pour la friture de Pâques. Jean-Luc Armanet coordonne la production. Célia Favre-Martinoz démoule les bonbons fourrés. Hugo Clément surveille les concheuses. Et le patron, Stéphane Bonnat, veille à tout.

La demande grimpe fortement sur la période. Damien prévoit bientôt 500 kg de friture en chocolat noir à 65 %. Il compte aussi environ 300 kg de friture en chocolat au lait. Les derniers jours avant Pâques sont souvent frénétiques. Beaucoup d’achats se font en dernière minute.

La maison emploie une quarantaine de salariés. Pour Bonnat, Pâques représente une période cruciale. C’est la deuxième saison derrière Noël. Mais les ventes directes sont bien plus nombreuses durant ces quelques jours.

Des moulages inchangés depuis deux siècles

L’élément qui surprend le plus est sans doute la collection de moules. Des étagères entières présentent des œufs, des poules, des sabots et des formes plus anciennes. Selon Stéphane Bonnat, 90 % des ventes concernent des moulages qui sont restés identiques depuis près de deux siècles.

La vitrine d’étage expose des moules métalliques très anciens. La série des sabots serait âgée d’environ 178 ans. D’autres moules datent de 1880. On voit l’évolution du ciselage au fil du temps. Ces pièces racontent l’histoire de la maison.

Aujourd’hui, la plupart des moules métalliques ont été remplacés par du silicone moderne. Pourtant, quelques séries en métal sont encore utilisées pour certaines pièces. Et chaque année, Bonnat propose un thème contemporain. En 2026, la collection de Pâques met en scène des poussins pirates.

Techniques, matières et contraintes

Dans les concheuses, le cacao est brassé longuement. Cette étape réduit l’acidité et développe les arômes. Les torréfacteurs ajustent la cuisson en fonction des lots.

Pour les moulages, on privilégie le chocolat de couverture. Il permet un démoulage propre et une brillance soignée. Les tablettes « grand cru » sont fabriquées différemment et servent moins pour la friture.

Le contexte économique pèse sur la production. Ces 18 derniers mois, le prix du cacao a été multiplié par six. Bonnat affirme qu’il est impossible de répercuter entièrement cette hausse sur les clients. Malgré cela, la maison maintient ses standards et sa gamme artisanale.

Pâques représente environ 15 % du chiffre d’affaires annuel. Cette saison est donc non seulement symbolique mais aussi essentielle pour l’équilibre de l’entreprise.

L’esprit de Pâques chez Bonnat

La maison garde une âme d’enfant. Chaque année, Stéphane Bonnat organise une grande chasse aux œufs. Pour l’édition récente, dix cachettes étaient réparties sur 30 km dans le Pays voironnais. À chaque découverte, le chocolatier offrait un moulage de Pâques.

Pour les salariés aussi, la période est particulière. Les gestes peuvent se répéter. Mais la satisfaction de voir des enfants sourire reste intacte. Hugo confie qu’il aimait déjà la chasse aux œufs enfant. Aujourd’hui, il y participe autrement, en préparant les chocolats.

Conseils pour choisir et conserver vos chocolats de Pâques

Choisir un chocolat dépend de vos goûts et de l’usage. Le chocolat noir offre une amertume structurée. Le chocolat au lait séduit par son onctuosité. Les bonbons fourrés demandent une conservation plus courte.

Conservez vos moulages à l’abri de la chaleur et des odeurs. Une température stable entre 16 °C et 18 °C est idéale. Évitez la lumière directe. Préférez un emballage hermétique si vous ouvrez les boîtes.

Pour le croquant et la fraîcheur, consommez les moulages dans les semaines qui suivent l’achat. Cela vous garantit la meilleure expérience de dégustation.

En sortant des ateliers, l’odeur persiste encore un moment. Vous repartez avec un souvenir simple. Des formes anciennes qui rencontrent les goûts d’aujourd’hui. Et la certitude qu’à Pâques, la tradition a encore beaucoup de charme.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et styliste de table, spécialisée en gastronomie du quotidien et art de recevoir à la française. Ancienne cheffe de partie dans un bistrot parisien étoilé et formée à l’École Ferrandi, j’ai ensuite collaboré avec plusieurs maisons d’édition culinaire. Passionnée par le potager urbain et les herbes aromatiques, je relie cuisine maison et conseils de jardinage pour valoriser les produits de saison. Mon travail met l’accent sur des recettes fiables, des astuces de maison simples et des idées concrètes pour mieux cuisiner chez soi. J’écris pour partager mon expérience et donner envie de créer des moments conviviaux durables.

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